INTRODUCTION : UN SPIN-OFF QUI A MARQUÉ L’HISTOIRE
Xenoblade Chronicles X est bien plus qu’une parenthèse dans l’histoire de la saga imaginée par Tetsuya Takahashi. Ce spin-off est né de la volonté de proposer un monde ouvert vertigineux, capable de supporter la comparaison avec les productions occidentales de son époque. Malgré des limitations budgétaires évidentes par rapport à ses concurrents d’outre-Atlantique, le studio Monolith Soft a réussi l’exploit de créer un open world d’une ampleur impressionnante sur une console techniquement limitée.
C’est d’ailleurs ce savoir-faire qui sera plus tard mis à contribution pour façonner l’univers de Breath of the Wild, plaçant la liberté d’exploration au premier plan et minimisant les contraintes artificielles. Mais Xenoblade Chronicles X reste à ce jour le seul épisode véritablement en monde ouvert de la franchise, avec une formule qui continue d’éblouir dix ans après sa sortie initiale.
L’histoire nous plonge dans un futur de science-fiction où l’humanité, victime collatérale de guerres interstellaires, s’est réfugiée à bord d’un gigantesque vaisseau appelé la Grande Blanche. Suite à un crash sur la planète inconnue Mira, les survivants établissent une colonie baptisée New Los Angeles. Notre avatar, fraîchement recruté dans l’organisation BLADE chargée de protéger la colonie, va devoir s’aventurer au-delà des murs sécurisés pour explorer ce monde mystérieux et hostile.
GAMEPLAY : LIBERTÉ SANS COMPROMIS
La différence fondamentale entre ce spin-off et les épisodes numérotés réside dans sa structure. La progression n’est plus directement guidée par l’histoire mais par l’exploration de la planète Mira, dont la superficie est au moins cinq fois plus grande que celle du premier volet. Sans aucune transition entre ses différentes régions, chaque biome possède une identité singulière avec sa flore et sa faune spécifiques.
Cette approche sandbox permet à chaque joueur de vivre une expérience personnalisée. Le rythme de l’aventure reflète votre propre façon d’appréhender la découverte de ce monde inconnu. La plupart des créatures ne sont pas hostiles, ce qui permet de parcourir d’immenses territoires en évitant simplement les monstres agressifs. Mais rien ne vous empêche de défier des adversaires bien plus puissants que vous… Cette liberté totale rend l’expérience unique et imprévisible.
L’obtention des Skells, ces armures mobiles dignes des meilleures séries de mecha, constitue un tournant majeur dans l’aventure. Ces exosquelettes géants permettent non seulement de combattre plus efficacement, mais aussi de voler pour atteindre des zones inaccessibles à pied. Ils peuvent également se transformer en véhicules terrestres rapides. Chaque membre de l’équipe peut piloter son propre Skell, avec une puissance de frappe sans commune mesure avec celle des personnages au sol.
Le système de combat, cœur de l’expérience Xenoblade, bénéficie dans cette Definitive Edition d’une recharge plus rapide des Arts, rendant les affrontements plus dynamiques. Les « défis guerriers », ces QTE activés en répondant aux cris de guerre des alliés avec les Arts appropriés, octroient des avantages cruciaux pendant les combats.
La personnalisation atteint des sommets vertigineux, tant au niveau de l’apparence de votre avatar que de la gestion des Arts, des classes et des équipements. L’éditeur de personnage a été enrichi sur Switch, permettant de créer un héros au design comparable à celui des alliés principaux. Et si les équipements ne sont pas à votre goût, vous pouvez définir une tenue favorite qui ne sera pas affectée par les changements d’armure.
GRAPHISMES : UNE MISE À NIVEAU NÉCESSAIRE
Cette Definitive Edition retravaille le rendu graphique pour l’adapter aux standards de la Switch, tout en restant dans les limites techniques de la console. Le jeu tourne à 30 fps, ce qui est remarquable compte tenu de l’immensité des environnements. Malgré quelques textures qui trahissent l’origine Wii U du titre, l’ensemble tient plutôt bien la route et permet d’apprécier pleinement les paysages grandioses de Mira.
L’interface reste toutefois un point faible, avec des écrans souvent surchargés d’informations qui nuisent à la lisibilité. Les combats manquent parfois de clarté lorsqu’on utilise les Skells, leur taille imposante obstruant la vue. La mise en scène des dialogues, acceptable en 2015, paraît aujourd’hui datée en comparaison de Xenoblade Chronicles 3.
La bande-son, signée Hiroyuki Sawano (L’Attaque des Titans), est à l’image du jeu : clivante mais mémorable. Si certains morceaux comme le thème hip-hop de New L.A. peuvent agacer, les musiques de combat aux accents épiques et les variations diurnes/nocturnes des thèmes d’exploration contribuent grandement à l’immersion.
HISTOIRE : UN RÉCIT ENFIN COMPLÉTÉ
Le « X » dans le titre signale d’emblée que cet opus se distingue des épisodes numérotés par son approche narrative. Si Xenoblade Chronicles X ne manque pas de profondeur scénaristique, l’histoire semble au premier abord moins présente car elle n’est pas le moteur principal de la progression. Pourtant, elle s’étoffe considérablement au fil des chapitres, soulevant des problématiques complexes vers la fin du jeu.
L’un des principaux reproches adressés à la version originale était son final laissant trop de questions sans réponses. Cette Definitive Edition corrige enfin ce défaut majeur avec l’ajout d’un épilogue inédit (chapitre 13) qui offre une véritable conclusion à cette quête pour la survie de l’humanité. Ce contenu supplémentaire ajoute une douzaine d’heures à une aventure déjà colossale.
De nouveaux personnages jouables font également leur apparition, comme Neinail, une archéologue venue de la planète Qlu, et Liesel, une pilote d’essai spécialisée dans les Skells expérimentaux. Le continent flottant constitue une nouvelle région à explorer, accessible après environ 60 heures de jeu.
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