Introduction
The Elder Scrolls IV: Oblivion Remastered est le fruit de mois de rumeurs et d’une sortie totalement inattendue. Cet épisode est considéré par beaucoup comme l’essence la plus pure de la gloire de Bethesda, avec sa légion de bugs et les situations absurdes mais mythiques qui en découlent. Sorti initialement au début de l’ère Xbox 360, le titre avait créé un petit événement pour les amateurs de RPG qui découvraient une expérience d’une grandeur et d’une richesse inouïe pour l’époque. Ce classique revient aujourd’hui sur nos machines modernes et le Xbox Game Pass, mais ce retour dans le présent impose certaines concessions sans enlever à la magie d’origine.
The Elder Scrolls IV: Oblivion est un titre typique de Bethesda avec un gameplay en FPS/TPS (selon le choix du joueur) qui nous immerge dans le monde de Cyrodill, aux portes de l’Enfer. De nombreuses quêtes sont disponibles et l’exploration est au cœur de l’expérience. Les dialogues occupent une place prépondérante et il est nécessaire de prendre son temps pour apprécier toutes les qualités du jeu. Comme souvent chez Bethesda, le sentiment de liberté est immense, permettant au joueur de décider à tout moment ce qu’il souhaite faire.
Gameplay
Virtuos a apporté des évolutions de gameplay bienvenues par rapport au titre de base. Les nouveaux joueurs comme les anciens seront ravis de voir l’apparition d’un sprint rendant l’exploration comme les combats plus agréables. Les affrontements livrent de meilleures sensations grâce aux impacts des coups enfin visibles. Cela ne transcende pas le gameplay combat, qui demeure simple, mais l’évolution est plaisante.
Du côté des petites améliorations, la tâche n’était pas aisée pour Virtuos. Tout l’enjeu était d’apporter des changements bienvenus sans dénaturer l’âme d’Oblivion. L’ajout du sprint est une évidence salvatrice, tout comme le fait de pouvoir monter de niveau avec n’importe quelle compétence, et pas seulement celles avec lesquelles notre personnage est spécialisé. Les mouvements du protagoniste ont été revus pour être moins rigides, mais cela change au final très peu de choses en combat et le feeling n’a que peu changé.
S’inspirant de Skyrim, l’interface utilisateur est à la fois plus claire et plus user friendly avec sa disposition mieux adaptée, ses raccourcis mieux pensés et ses filtres. Oblivion Remastered adopte également une approche inspirée de Skyrim pour la montée en niveau avec ses 12 points de vertu à répartir entre les attributs à chaque level up. On apprécie énormément la finesse apportée à l’interface de l’inventaire qui s’avère autrement plus agréable à la navigation que celle du jeu original, que ce soit par sa fluidité ou sa structure, surtout pour toute la partie magie et sorts.
Pour le reste, les mécaniques n’ont pas bougé, pas plus que les coffres et les adversaires planqués aux mêmes endroits qu’avant. On retrouve même des bugs visuels et de script parfois bloquants, à l’instar de ce que nous avions en 2006. Les sauvegardes multiples permettent d’éviter pas mal de frustration, mais c’est tout de même dommage de devoir recharger de vieux checkpoints à cause de soucis techniques.
Graphismes
Afin de raconter la fantastique histoire de Martin Septim, qui s’étend tout au long de la couronne des montagnes de Cyrodiil, le studio parisien Virtuos a dépoussiéré le livre écrit par Bethesda en 2006 et lui a ajouté une tonne d’enluminures. Oblivion Remastered fait (re)découvrir le mythe sous son meilleur jour. Les artistes ont su piocher dans ce que l’Unreal Engine 5 a dans le ventre pour nous écarquiller les yeux et offrir une seconde jeunesse à la direction artistique singulière du soft.
La faune, la flore, les édifices, le ciel… tout a été remodélisé, redessiné, repensé dans le but de ne pas avoir à rougir face aux productions actuelles. Les textures sont détaillées, la végétation est beaucoup plus dense qu’avant et cette fois-ci, le moteur gère plusieurs ombres en temps réel avec une précision sans faille.
Virtuos a fait un monstrueux travail avec la refonte visuelle sur absolument tous les aspects du jeu. Les effets de lumière apportent une vraie plus-value à l’ensemble, surtout dans le plan des Daedras. Virtuos frappe fort dans sa capacité à conserver les caractéristiques physiques des personnages telles qu’on pouvait les retrouver dans le jeu de base, sans avoir l’impression d’un décalage malvenu, notamment grâce au soin particulier apporté aux expressions faciales.
Il y a quelques ralentissements lors des séquences plus chargées. En mode Performances, le 4k/60fps n’est pas aussi stable que souhaité, tout du moins sur consoles. Il y a aussi quelques effets visuels un peu ratés, comme tout ce qui touche aux reflets sur l’eau. Comme il s’agit d’un monde ouvert sous Unreal Engine 5, nous avons droit à du stuttering. Impossible d’y échapper quel que soit son support de jeu avec des saccades très visibles. C’est d’autant plus frustrant que cette refonte se paye même le luxe de proposer du DLSS de qualité.
Histoire
C’est dans une cellule froide de prison que l’épopée commence. Après avoir façonné le héros de ses rêves parmi les dix races disponibles, le joueur est témoin de l’assassinat de l’empereur Uriel Septim VII. Il doit alors accomplir une mission de la plus haute importance : aider l’héritier du trône, Martin Septim, à régner avant que l’empire ne tombe entre les griffes d’entités démoniaques. Car les portes du monde infernal d’Oblivion déversent un torrent ininterrompu de créatures belliqueuses sur les contrées. 20 ans après, la trame principale d’Oblivion se suit toujours avec intérêt.
Le lore du jeu est dilué au sein des différentes quêtes réalisables au cours de l’aventure, qu’il s’agisse de la principale ou des secondaires (différentes guildes, PNJ ayant besoin d’aide, cultes divers, vampires…). En se perdant en Cyrodill, le joueur découvrira une kyrielle de choses à faire qui offrent une durée de vie colossale au jeu. Il faut compter plusieurs dizaines d’heures pour achever l’histoire principale ou les quêtes secondaires, et davantage pour explorer chaque recoin du monde.
Éléments vieillissants
Il y a des mécaniques vieillottes en 2025 qui ne manqueront pas d’interpeller les nouveaux joueurs. En premier lieu, le système de combat, toujours extrêmement basique et n’évoluant pas au fil du jeu. Ensuite, l’intelligence artificielle alliée comme ennemie a la fâcheuse manie de tourner en rond dans les villes ou d’avoir des comportements étranges. Les chargements – raccourcis par rapport à avant – sont légion, ce qui rend l’exploration des donjons (toujours aussi peu variés dans leur level design) un brin laborieuse.
Depuis 2006, le monde du jeu vidéo a fortement évolué. Si Oblivion semblait démesurément grand à l’époque, aujourd’hui, un petit coup d’œil sur la carte peut faire penser que ce n’est pas immense. Les premiers pas en pleine nature donnent l’impression que le monde est parfois vide, voire dépeuplé. Les déplacements – surtout à pied au départ – semblent relativement lents, malgré un véritable rafraîchissement du côté des images par seconde.
L’esprit de Bethesda préservé
Il y a quelque chose d’assez fascinant, hilarant et triste à la fois de voir un jeu allier de superbes graphismes modernes et bugs infernaux de PNJ qui se coincent dans des portes ou des gardes aux comportements erratiques d’un autre temps. Cette ressortie donne l’impression de s’adresser aux fans hardcore d’Oblivion et rien qu’à eux.
Du point de vue technique, le titre reste un jeu de Bethesda. Malgré le nouveau moteur, on retrouve toute une série de petits bugs plus ou moins gênants qui entachent l’expérience : animations ratées, éléments qui apparaissent soudainement, objets qui volent ou corps qui traversent des éléments… En dépit d’une refonte visuelle complète, les développeurs ne sont pas parvenus à effacer tous les petits problèmes rencontrés dans des titres comme Skyrim ou Starfield à leur sortie.
Conclusion
Certes, le RPG solo en monde ouvert a beaucoup évolué en 20 ans. Même si The Elder Scrolls IV reste un titre incroyablement riche, divers éléments nous rappellent que nous sommes bien face à un soft sorti en 2006. Mais ce qu’il ne faut pas oublier, c’est qu’Oblivion était en avance sur son temps et qu’il a encore de sérieux arguments en 2025. La lettre d’amour de Virtuos adressée à l’œuvre de Bethesda est en tout cas très forte : c’est beau, c’est rénové avec intelligence et ça reste fidèle à l’âme d’une création qui a marqué son époque.
Difficile de recommander ce remaster à un nouveau joueur sans lui donner une liste d’avertissements longue comme deux bras, parce que pour convaincre quelqu’un de se lancer dans l’un des jeux les plus cassés des années 2000, toujours aussi cassé 20 ans plus tard, il faut un bon niveau de charisme. Ce voyage nécessite de la patience, beaucoup de patience, et de prendre le temps d’investiguer les lieux, de fouiller, de lire les documents, de parler aux gens. Un rythme qui n’est plus en accord avec l’époque actuelle qui veut que les jeux soient plus incisifs, plus rapides.
Notes des joueurs
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