Introduction au jeu
DOOM The Dark Ages se positionne comme un préquel aux événements de DOOM 2016 et Eternal, nous transportant dans un univers médiéval où le Slayer est utilisé comme arme par les Maykr pour combattre les légions de l’enfer dirigées par le prince démoniaque Ahzrak. Ce dernier cherche à s’emparer du Cœur d’Argent, un artefact d’une puissance inimaginable détenu par les Sentinelles. Nous retrouvons donc un Slayer toujours aussi brutal, mais équipé cette fois-ci d’un arsenal adapté à cette époque reculée, dominé par un impressionnant bouclier-tronçonneuse qui redéfinit totalement l’expérience de jeu.
Cette nouvelle itération propose une campagne substantielle de 22 chapitres, pour une durée d’environ 15 à 20 heures de jeu selon le niveau de difficulté et votre volonté d’explorer les niveaux. Le titre est disponible sur PC, Xbox Series X|S et PlayStation 5, et directement intégré au Xbox Game Pass.
Gameplay : De nouvelles mécaniques brutales
Si DOOM Eternal mettait l’accent sur le mouvement et les esquives avec son système de dash, The Dark Ages prend le contrepied en proposant un gameplay plus ancré, davantage axé sur la brutalité pure et les parades. Le dash a disparu, remplacé par un sprint, et le Slayer, plus lourd mais tout aussi destructeur, s’apparente désormais à un véritable tank sur le champ de bataille.
L’élément central de ce nouveau gameplay est sans conteste le bouclier-tronçonneuse, qui remplit plusieurs fonctions essentielles : bloquer les attaques ennemies, réaliser des parades parfaites (avec une fenêtre de timing variable selon la difficulté), charger les adversaires, les découper en morceaux, ou encore servir de grappin pour se déplacer rapidement. La parade devient ainsi un élément stratégique crucial, permettant d’étourdir les adversaires ou d’activer des pouvoirs élémentaires lorsqu’on contre un projectile. Le système distingue d’ailleurs clairement les attaques que l’on peut simplement bloquer (oranges) de celles que l’on peut renvoyer (vertes).
L’arsenal s’est également diversifié, proposant diverses armes à distance comme le shotgun, le super shotgun, le fusil à plasma, mais aussi des nouveautés comme l’embrocheur, le revanchard ou le concasseur. Le corps à corps occupe désormais une place prépondérante avec trois armes disponibles (gantelet, fléau et sépulcrale), chacune ayant ses propres améliorations. Le système de Glory Kills est toujours présent, bien que moins varié que dans les précédents opus, avec généralement une seule animation par type d’ennemi.
The Dark Ages introduit également deux mécaniques inédites : des phases à bord d’un gigantesque mécha et d’autres à dos de dragon. Si ces séquences apportent une certaine variété et un spectacle visuel impressionnant, elles souffrent d’un gameplay simpliste qui finit par lasser, notamment pour les phases en dragon jugées trop longues et peu engageantes par plusieurs critiques.
Le système de progression reste relativement similaire à celui d’Eternal, avec des collectibles (or, rubis, pierres d’esprit) permettant d’améliorer votre arsenal et vos capacités. Les niveaux, plus ouverts que par le passé, encouragent l’exploration pour trouver ces ressources et débloquer des améliorations, même si cette recherche peut parfois ralentir le rythme effréné qui caractérise traditionnellement la série.
Enfin, le jeu propose six niveaux de difficulté entièrement personnalisables, vous permettant d’ajuster finement divers paramètres comme la fenêtre de parade, les dégâts infligés/reçus ou la quantité de ressources disponibles.
Graphismes et direction artistique
Sur le plan technique, DOOM The Dark Ages impressionne grâce à la dernière version du moteur idTech. Le jeu affiche des environnements gigantesques, des effets de particules spectaculaires et des combats chaotiques sans jamais faiblir en termes de fluidité. Sur PC haut de gamme, le titre tourne sans problème en 4K à plus de 150 FPS en qualité Ultra. Sur consoles, si le framerate reste stable à 60 FPS, certains critiques notent un léger flou regrettable sur Xbox Series X et des textures parfois peu détaillées de près.
La direction artistique est unanimement saluée, offrant une atmosphère dark fantasy médiévale parfaitement exécutée. Des forêts hantées aux royaumes ensoleillés, en passant par les contrées infernales, chaque environnement bénéficie d’un travail artistique remarquable qui renouvelle constamment l’expérience visuelle. Le design des créatures a été revisité pour correspondre à cette époque médiévale, tout en conservant les traits caractéristiques qui ont fait la renommée de la franchise.
Le sound design est également exemplaire, avec des effets sonores percutants et une spatialisation audio efficace en Dolby Atmos. Quant à la bande-son, désormais composée par Finishing Move (et non plus Mick Gordon), elle mélange habilement métal, chants gutturaux et éléments plus épiques rappelant les travaux de Ramin Djawadi (Game of Thrones, Gears 5). Si certains regrettent l’absence du style si particulier de Mick Gordon, cette nouvelle partition s’adapte intelligemment aux situations de jeu, s’intensifiant durant les combats et se faisant plus mystique lors des phases d’exploration.
Histoire et narration
DOOM The Dark Ages approfondit davantage le lore de la franchise en nous plongeant dans les origines du Slayer et sa relation conflictuelle avec les Maykr, qui l’utilisent comme une arme contre les démons. Placé sous contrôle mental au début de l’aventure, le protagoniste lutte contre ses entraves divines tout en décimant les hordes infernales.
Le jeu adopte une approche plus cinématographique que ses prédécesseurs, avec de nombreuses cutscenes soigneusement mises en scène. Cependant, plusieurs critiques pointent des problèmes de rythme et de cohérence narrative pendant une grande partie de l’aventure. Si les premiers chapitres et la conclusion sont généralement appréciés pour leur approche épique mettant en valeur le Slayer comme une entité crainte de tous, les deux tiers centraux de la campagne souffrent d’un manque de profondeur et d’impact, reléguant parfois le protagoniste au rang de simple pion dans un conflit plus large.
Les personnages secondaires, malgré un potentiel certain, manquent souvent de développement et de caractérisation, et certaines transitions entre les chapitres semblent précipitées, nécessitant parfois de consulter le codex pour combler les lacunes narratives. Le final, bien que spectaculaire, laisse plusieurs zones d’ombre, probablement en prévision de DLC à venir.
Rejouabilité et contenu
Avec ses 22 chapitres et une durée de vie d’environ 15 à 20 heures, DOOM The Dark Ages offre une expérience solo substantielle. Chaque niveau regorge de secrets à découvrir et d’améliorations à débloquer, ce qui encourage une exploration minutieuse. Les défis optionnels, comme l’élimination de capitaines démons pour obtenir des améliorations permanentes, ajoutent une couche de profondeur supplémentaire.
Cependant, contrairement à DOOM Eternal, le titre ne propose aucun mode multijoueur au lancement, se concentrant entièrement sur l’expérience solo. Cette absence, couplée à certains aspects répétitifs dans le design des missions (recherche de clés, destruction de tourelles, élimination de chefs ennemis), limite quelque peu la rejouabilité une fois la campagne terminée.
Les six niveaux de difficulté disponibles, hautement personnalisables, constituent néanmoins une invitation à retenter l’aventure dans des conditions plus extrêmes, notamment avec le mode Ultra Cauchemar qui impose une fin de partie définitive en cas de mort.
Conclusion
DOOM The Dark Ages représente un virage audacieux pour la franchise, délaissant la nervosité et la mobilité d’Eternal pour une approche plus brutale et ancrée. Ce changement de direction offre une expérience rafraîchissante sans pour autant trahir l’esprit de la série, même si certains choix divisent.
Le titre impressionne par sa réalisation technique, sa direction artistique et son gameplay viscéral centré sur le bouclier-tronçonneuse, mais souffre d’une narration inégale et de phases de gameplay annexes (dragon, mécha) moins convaincantes. Malgré ces défauts, l’expérience reste globalement très réussie et devrait satisfaire aussi bien les fans de longue date que les nouveaux venus.
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