Une renaissance attendue
Le jeu de combat est en plein essor ces dernières années, et la plupart des éditeurs l’ont bien compris. Entre Street Fighter 6, Mortal Kombat, Tekken 8, et Guilty Gear Strive, l’offre est déjà conséquente. C’est dans ce contexte que SNK, après avoir relancé The King of Fighters XV il y a trois ans, dépoussière maintenant la saga Fatal Fury avec City of the Wolves.
C’est pendant l’EVO 2022 (Championnats du monde des jeux de baston) que cette annonce surprise a secoué la communauté du Versus Fighting. Ce retour de Fatal Fury évoque à la fois la nostalgie des salles d’arcade et les débats passionnés entre fans de Capcom et de SNK.
Un gameplay qui fait mouche
Pour les fans du gameplay avant tout, les sensations manette ou stick en main sont tout simplement géniales, avec des personnages qui répondent au doigt et à l’œil. Le système REV, nouvelle mécanique centrale du jeu, se présente sous la forme d’une jauge qui se remplit à chaque utilisation d’actions spéciales.
Si vous n’êtes pas familier avec la recette SNK, Fatal Fury: City of the Wolves pourrait vous surprendre par sa philosophie exigeante. Le jeu propose quatre boutons d’attaque (petit et gros poing, petit et gros pied) ainsi qu’une touche Rev pour utiliser les mécaniques spéciales. La gestion de la distance avec l’adversaire est cruciale, car il n’existe aucune mécanique universelle permettant d’entrer directement dans l’espace vital de son adversaire.
Le jeu s’articule autour de la « Jauge Rev » qui, contrairement à d’autres jeux, se remplit à chaque attaque spéciale renforcée au lieu de se vider. Remplir cette jauge en abusant des mécaniques vous place en surchauffe, ce qui devient problématique : l’adversaire peut alors briser votre garde et vous perdez l’accès à vos meilleurs outils.
Les personnages sont grands, plutôt massifs, et chaque coup porté fait mal, autant à la barre de vie qu’à vos oreilles, avec un effet sonore adapté. Le jeu se veut aussi tactique, avec une barre SPG (Selective Potential Gear) à ajuster soi-même pendant le combat et qui booste considérablement les coups de votre personnage.
Fatal Fury: City of the Wolves est aussi explosif et spectaculaire que stratégique. Pouvoir enchaîner les attaques spéciales à loisir permet aux joueurs de s’exprimer pleinement dans l’arène sans nécessairement devoir apprendre de fastidieuses listes de combos optimisés.
Un casting entre tradition et marketing
Le casting représente parfaitement ce que SNK tente de faire d’un point de vue marketing. 17 personnages sont dans le roster de base, avec d’anciens personnages de la saga comme Rock Howard, Terry Bogard et B.Jenet. D’autres lutteurs réclamés depuis Garou: Mark of The Wolves, comme Tizoc, Kevin, Gato et Marco sont également présents.
Du côté des nouveaux venus, on retrouve Preecha, une scientifique qui est l’élève de Joe Higashi, Vox Reaper et Hokutomaru, le disciple d’Andy Bogard.
Mais là où les débats s’enflamment, c’est sur la présence de deux célébrités du monde réel : Salvatore Ganacci, un DJ, et surtout Cristiano Ronaldo. Si Salvatore est acceptable avec son style décalé, il est plus difficile de comprendre pourquoi l’une des personnes les plus célèbres du monde se retrouve dans Fatal Fury.
Avant de rentrer dans le gameplay pur et dur, Fatal Fury City of the Wolves a fait parler de lui avec un contenu bien particulier : l’accueil dans son roster d’un DJ international, l’Italien Salvatore Ganacci, réputé pour ses fantaisies lors de ses shows, et la star mondiale du football Cristiano Ronaldo. Deux personnalités qui touchent un large public, compte tenu de leur notoriété et de l’engagement potentiel que leur arrivée dans un jeu vidéo peut provoquer.
Ces excellentes bases sont minées à la racine par le spectre du prince d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et ses ambitions de soft power. L’acquisition de SNK par le fonds souverain d’Arabie saoudite influe directement sur le contenu du jeu, notamment avec l’inclusion de Cristiano Ronaldo et Salvatore Ganacci, qui ont clairement été imposés à l’équipe.
Des graphismes corrects mais pas révolutionnaires
Avec Fatal Fury: City of The Wolves, on sent que les développeurs ont pris leur temps. Même si les textures ne sont pas extrêmement travaillées, la direction artistique est excellente et rend hommage à la saga. Ce jeu de combat en 3D, qui se joue comme un jeu en 2D, est visuellement réussi.
SNK poursuit le travail entamé avec The King of Fighters XIV pour trouver le bon équilibre entre effets 3D et faibles coûts de production. Si les personnages sont plutôt bien réalisés et que les animations sont très claires, les visuels pèchent surtout au niveau des environnements, qui accusent un retard technique.
Le graphisme en cel shading est plutôt satisfaisant, même si on a vu mieux niveau détails et finitions.
Un mode histoire anecdotique
Le mode « Episodes of South Town » est malheureusement très anecdotique. Une simple carte affichée avec des icônes sur lesquels appuyer pour lancer un combat, souvent contre des personnages non joueurs, avec de l’XP à gagner et des compétences à équiper pour faciliter les prochains combats. Celui-ci se termine très rapidement et on peine à trouver la motivation de le faire avec tous les personnages du jeu.
Le mode Histoire, baptisé « Episodes of South Town », se résume à une succession de combats répartis sur une carte avec trois zones distinctes. Le but est simple : battre tous les ennemis et/ou être suffisamment fort pour vaincre le boss de chaque zone. Chaque victoire octroie de l’expérience et des compétences à répartir pour personnaliser votre combattant. L’idée a du bon, mais l’approche est vieillotte.
Les cinématiques laissent place à des visuels sans âme, les dialogues ne sont pas franchement intéressants. Résultat, on peine à entrer dans l’histoire.
Un online solide malgré une interface laborieuse
Le mode en ligne est l’un des gros morceaux censé assurer la longévité du titre. Le netcode est très bon et vous pourrez jouer avec des gens dans un pays voisin sans ressentir de lags. Vous aurez également la possibilité de regarder des replays.
Cependant, l’interface est vieillotte et n’est pas sans rappeler les jeux vidéo du début des années 2010. Les menus sont lents, il y a beaucoup trop de chargements, et la navigation pour chercher un lobby est laborieuse.
Ce qui n’aide pas, c’est l’interface, lente et lourde. Pour un jeu de 2025, le constat est terrible. La navigation est compliquée, on a l’impression d’avoir du lag à chaque commande, et le rendu n’est pas très sexy, sans compter les temps de chargements intempestifs.
En ligne, les combats sont fluides, le matchmaking cohérent et même avec des différences de connexion, cela ne se fait pas sentir en termes de réactivité.
Un contenu additionnel prometteur
Il faut reconnaître que entre la gratuité du premier Season Pass et la possibilité d’éditer directement les couleurs de tous les personnages sans payer, SNK fait un effort agréable. Le jeu inclut également un Jukebox qui permet de changer les excellentes musiques par celles des anciens jeux de la saga.
Si Fatal Fury City of the Wolves vise un bel avenir, cela passera par du contenu additionnel – cinq personnages arrivent dans le premier Season Pass, qui sera entièrement gratuit, avec notamment Andy Bogard, Joe Higashi, Mr.Big, mais aussi Ken et Chun-Li de Street Fighter.
Notes des joueurs
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