Un retour aux sources
À l’approche des beaux jours, quoi de mieux qu’un voyage dépaysant pour s’évader loin des turbulences du quotidien? L’Amerzone – Le Testament de l’explorateur fait son grand retour, plus de 25 ans après sa sortie sur PC. Premier chef-d’œuvre de Benoît Sokal, ce jeu posait déjà les fondations d’une narration immersive, qui trouvera ensuite son apogée avec la célèbre série Syberia.
Cette version 2025 de l’Amerzone ne modifie pas la structure narrative d’origine. On y incarne toujours un jeune journaliste cherchant à se faire une place au sein de sa rédaction, envoyé en Bretagne pour interviewer l’explorateur Alexandre Valembois. Dès notre arrivée, on découvre un vieillard, gravement affaibli par la maladie et tourmenté par les regrets de son passé. On a à peine le temps de faire connaissance que l’explorateur, à bout de forces, rend son dernier souffle sous nos yeux.
Avant de mourir, Valembois nous confie la mission de retourner en Amerzone pour y rapporter l’œuf d’Oiseau Blanc qu’il avait dérobé des années auparavant – une espèce unique à ce pays, dépourvue de pattes et dont les ailes grandissent pendant toute leur vie.
Édité et développé par l’équipe de Microids Paris, le jeu est disponible sur Xbox Series X|S, PlayStation 5 ainsi que sur PC depuis le 24 avril 2025.
Un gameplay fidèle mais modernisé
Le gameplay repose sur une mécanique de point’n click classique. À l’aide du stick gauche de la manette, on parcourt du regard les environnements à la recherche de différentes icônes correspondant à des actions spécifiques: examiner (loupe), interagir (main), écouter (oreille), accéder à l’inventaire (sac à dos). Les déplacements se font en cliquant sur les flèches directionnelles qui indiquent les itinéraires disponibles.
L’Amerzone garde les mêmes mécaniques qu’à l’époque: des déplacements par tableau, comme Google Street View. À chaque endroit, vous avez la possibilité de regarder à 360°. Le pointeur change de forme si vous regardez quelque chose d’intéressant, ce qui permet d’éviter de passer son temps à cliquer sur chaque élément du décor pour rien.
Cette nouvelle version apporte toutefois des améliorations notables. Chaque transition se fait désormais via une animation de déplacement renforçant l’immersion. Les interactions ont également été modernisées: plutôt qu’un simple clic, le joueur est invité à réaliser le mouvement comme tourner une poignée de porte ou tirer un tiroir.
Pour un gain de temps, on peut passer l’étape des déplacements en appuyant deux fois rapidement sur la touche A. En appuyant sur la touche Y, on affiche toutes les intéractions possibles. Il est également possible de se téléporter instantanément d’une zone à une autre en récupérant des cartes de déplacement rapide.
L’expérience se décline en deux modes de difficulté: « Voyage » pour profiter de l’histoire avec une difficulté accessible, ou « Aventure » où les indices sont plus rares pour un défi plus corsé.
Une enquête enrichie
En plus des améliorations de gameplay, la version 2025 ajoute du contenu supplémentaire. Un journal permet de retrouver nos objectifs et d’enrichir les aspects narratifs, et un nouvel onglet « Enquêtes » constitue les quêtes secondaires. Pour résoudre une enquête, il faut trouver différents documents et objets sur un thème donné, répartis parfois sur plusieurs chapitres. Une fois un ensemble complété, on obtient un article rédigé par notre personnage venant enrichir le lore du jeu.
Si vous manquez certains indices dans un chapitre, il sera possible de les rejouer (en conservant les indices déjà obtenus) une fois l’aventure terminée.
Chaque objet observable propose une liste indiquant le nombre d’informations collectables. Pour les adeptes du 100%, un pourcentage vous informe, pour chaque chapitre, des points d’enquêtes restants à découvrir.
Une refonte visuelle époustouflante
Plus vivant que jamais, L’Amerzone a quitté son enveloppe figée du passé pour s’ouvrir à des environnements beaucoup plus animés. Le vent souffle, les ombres vacillent, la lumière tamisée du soleil traverse les nuages, la mer se déchaîne sur les parois rocheuses… tout est plus immersif que jamais!
Le travail accompli par l’équipe de Microids est tout simplement remarquable. La quasi-totalité des éléments visuels ont été repensés. Les décors et les personnages ont été remodelés en 3D, en opposition avec les images fixes utilisées dans le jeu d’origine, tirant ainsi le meilleur parti du moteur Unity.
Les textures sont plus affinées et les personnages prennent vie grâce à la motion capture. Ils ont été soigneusement retravaillés, jusqu’aux traits de leurs visages qui reflètent leurs caractères au point de les rendre expressifs et convaincants.
L’Amerzone dans sa mouture 2025 est réellement très joli. Les environnements sont riches et détaillés, les jeux de lumière sont plaisants et l’exploration de ce pays fictif et sa jungle luxuriante est un véritable plaisir. Le titre propose deux modes graphiques: un mode performance sacrifiant la résolution pour le framerate et un mode fidélité pour l’inverse.
Une narration captivante
Ce qui fait le charme de L’Amerzone, au-delà de son atmosphère si particulière, réside dans la présence de l’Hydraflot, un submersible pouvant revêtir différentes formes (avion, hélicoptère, voilier, barque…) et fonctionnant à l’aide de disquettes qu’il faudra retrouver.
Le scénario écrit par Benoît Sokal est envoûtant et nous tient en haleine tout le long d’une aventure intrigante, haletante et enrichie de beaux moments de poésie. L’univers séduisant, à la croisée de l’aventure et de la science-fiction, nous captive avec son équilibre parfait entre imaginaire et exploration, qui évoque l’esprit des œuvres de Jules Verne.
Pendant une dizaine d’heures, L’Amerzone conte un récit prenant et nous fait voyager dans des lieux magnifiques en n’hésitant pas à mettre le doigt sur les noirceurs de l’âme humaine.
Une expérience audio immersive
La bande sonore et les bruitages sont également grandioses. Les musiques sont magistrales, parfois envoûtantes, mélancoliques ou puissantes, mais rythmant toujours avec justesse notre aventure.
Les sons de la nature sont très bien reproduits et participent pleinement à l’immersion: le chant mélodieux des oiseaux, le clapotis apaisant des vagues, le ruissellement des chutes d’eau ou encore les cris des animaux sauvages enrichissent l’expérience auditive.
On salue la qualité de la version française avec un doublage intégral de très bonne facture auquel s’ajoutent de jolies pistes musicales, mettant en valeur les superbes panoramas de l’Amerzone.
Quelques bémols
Cependant, l’identité du journaliste que l’on incarne reste totalement mystérieuse. Mis à part le nom du journal pour lequel il travaille, aucun détail ne nous est fourni, ce qui n’aide pas à s’attacher au protagoniste.
Il manque selon certains une fonctionnalité qui aurait été particulièrement pertinente: une option permettant de comparer les versions avant et après la remasterisation, qui aurait mis en lumière l’ampleur du travail accompli.
Enfin, la durée de jeu est relativement courte et, parmi les sept chapitres qui le composent, certains se terminent assez rapidement.
Le verdict
L’Amerzone: Le Testament de l’Explorateur est un remake exemplaire qui modernise avec respect une œuvre fondatrice du jeu d’aventure. Le studio est parvenu à magnifier l’œuvre originale tout en conservant son esprit d’origine. Cette version 2025 permet tant aux nostalgiques de redécouvrir ce classique qu’aux nouveaux venus de vivre une aventure intemporelle dans les meilleures conditions possibles.
Avec ses graphismes sublimés, ses mécaniques modernisées et ses options d’accessibilité, cette nouvelle version d’un classique du genre mérite amplement d’être (re)découverte par les amateurs d’aventures atmosphériques et de voyages dépaysants.
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